|
| | Laisser pleurer ou réagir??????? | |
| |
| Auteur | Message |
|---|
Clairounette Violette for ever

Nombre de messages: 3147 Age: 31 Date d'inscription: 18/10/2009
 | Sujet: Laisser pleurer ou réagir??????? Lun 05 Juil 2010, 20:32 | |
| Zyad aura 1 mois demain... On apprend à se connaitre, mais on ne se comprend pas toujours...
Chaque jour est différent, je m'habitue à prendre ma douche en 5min (c'est bien pour la planète...) et j'accepte d'être en retard... très en retard même... et de manger en 3min chrono...
Mais reste 1 question, qui me "turlupine" et qui est source de disputes à la maison... Zyad est un bébé qui pleure, peut être beaucoup... Il ne reste jamais réveillé sans pleurer. Dès qu'il ouvre les yeux, il se met à pleurer, si on ne le prend pas, ça monte crescendo. Et dès qu'on le prend, qu'on le met contre soi (ça marche surtout avec moi...) il s'arrête au bout de 10secondes max. Il peut même se rendormir tout aussi vite. On le repose alors et il reste endormi au max 5min, et rebelote...
Moi j'interviens très vite, je ne peux pas le laisser hurler... Source de conflit donc, puisque Fouad me dit de le laisser pleurer... Pourquoi?? Parce que c'est une mauvaise habitude de le prendre à chaque fois. Et alors?? Et bah, il s'endormira quand il en aura marre de pleurer... Voilà, j'entend ça depuis que je suis rentrée de la mat'. Mamie me dit pareil, mais moins fort depuis que je l'ai engueulée...
Voilà, Zyad passe donc ses journées soit à pleurer, soit dans mes bras. J'ai le réflexe de le mettre au sein pour le calmer quand il ne s'arrête pas , ce qui marche plutot bien. Parfois, juste le fait d'avoir mon téton dans la bouche l'endort. Ce matin, je lui ai placé un coton imbibé de lait maternel sur la poitrine et il est resté endormi le temps de mon petit dej et de ma douche, mais je ne sais pas si c'est grâce à ça. L'écharpe lui plait bien donc je m'en sers pour faire beaucoup de choses, à l'intérieur comme à l'extérieur. J'essaie de temps en temps de ne pas réagir tout de suite, je lui parler, j'essaie de le rassurer sans pour autant le prendre. Il hurle tellement que je suis pas sure qu'il m'entende!! Il ouvre les yeux, me regarde, et recommence de plus belle...
Je crois qu'il a un peu mal au ventre. Jeudi, il a clairement eu des coliques, mais ça a l'air bien mieux. Et quand bien même, je me dis que si il a mal au ventre, il ne se calmerait pas dans la 1/2 seconde.... Non?
La nuit, c'est mieux. Au début, il hurlait dès que je le posais: résultat, on s'endormait l'un contre l'autre. Lui était aux anges, moi beaucoup moins. Qualité de sommeil toute pourrie, et gros flipp... Bah oui, BM m'a raconté l'histoire de sa tante qui a étouffé son bébé dans son sommeil... Donc, Zyad dort sur un gros coussin mis dans son lit, qui l'enveloppe bien et qui est moins froid au toucher que les draps.
Alors je sais qu'il est tout petit, mais est ce 1 comportement "normal"? J'y connais rien du tout en bébé moi!!! Tout ce que je sais c'est que c'est juste pas possible que je le laisse pleurer, et en même temps, j'aimerai pouvoir le poser de temps en temps plus de 10minutes... Fouad va même jusqu'à me dire "qu'il y a quelque chose qui va pas", et que c'est de ma faute puisque je réagis...
Des pistes??? Ils étaient comment vos bébés???? |
|  | | Laurence super détective

Nombre de messages: 17071 Age: 33 Date d'inscription: 24/07/2005
 | Sujet: Re: Laisser pleurer ou réagir??????? Lun 05 Juil 2010, 21:02 | |
| les miens ne pleuraient pas autant que tu as l'air de le décrire pour Zyad, mais chaque enfant étant différent ... tu parles de colliques, as-tu essayé de le masser? au niveau de ton alimentation, fais-tu attention à des aliments qui pourraient le déranger ? comme il aura 1 mois demain, tu vas sûrement voir un médecin, parles-en et vois ce qu'il en pense (même si tu ne seras peut être pas ok) |
|  | | Clairounette Violette for ever

Nombre de messages: 3147 Age: 31 Date d'inscription: 18/10/2009
 | Sujet: Re: Laisser pleurer ou réagir??????? Lun 05 Juil 2010, 21:09 | |
| Pour les coliques, les massages ne semblent rien y faire, ou bien je m'y prend mal!!! Mais je crois que c'est passé, il a mal au ventre, mais différemment... J'ai supprimé quasi tous les PLV de mon alimentation depuis bientôt 15 jours, je ne bois que du café déca. J'ai déja fait la visite chez le doc, pour lui, c'est n'importe quoi, je dois manger équilibré en priorité.... Oui je sais, je vais trouver 1 pédiatre pour le mois prochain.... |
|  | | naanni Violette for ever
Nombre de messages: 4315 Age: 40 Date d'inscription: 08/01/2009
 | Sujet: Re: Laisser pleurer ou réagir??????? Lun 05 Juil 2010, 21:24 | |
| yaële pleurait énormément. c'est épuisant, c'est angoissant. j'ai jamais trouvé ni pourquoi, ni comment la calmer. on a essayé l'ostéopathie, l'homéopathie, la phytothérapie...rien n'y a fait. il a fallu de la patience. bcp de patience. et attendre qu'elle grandisse.
j'ai eu une chance c'est que le papa était de mon côté. et que les BM ou autres tatas, ben je leur avait déjà clouer le bec avec les grands...
parfois, j'en avais marre. besoin de la poser. alors, je la mettais dans son lit. je lui disais que j'allais au wc, ou sous la douche. que je la laissais pleurer mais que je n'étais pas loin, et que je revenais de suite. et en général, en quelques minutes elle était dans les bras. sauf que Yaële hurlait même dans mes bras! elle a survécu à ces "abandons".
parfois, aussi, cetains bb ont besoin de crier pour s'endormir, c'était le cas avec Alexis.
je pense que seule une maman sait ce qui est bon pour son enfant. suis ton instinct! |
|  | | petitesouris Purple Rose

Nombre de messages: 4664 Age: 38 Date d'inscription: 11/04/2006
 | Sujet: Re: Laisser pleurer ou réagir??????? Lun 05 Juil 2010, 22:46 | |
| Je ne sais pas quoi te dire! seulement suis ton instinct. Moi non plus je n'arrivais pas à laisser pleurer, ça me prennais les "tripes" et parfois, après des journées épuisantes comme tu les decrits , ben je finissais aussi en larmes....(très joyeux pour le papa qui rentre du boulot..je l'avoue) Mais papa a compris que de toute façon c'est moi qui gerais les journées et que je faisais comme je le sentais...il savais que je ne changerais pas d'attitude. Combien de fois j'ai entendu mes BP dire de laisser pleurer...ça me faisais bouillir!! Ils ont ensuite abandonné par KO! Comme Naanni il m'est arrivée plusieurs fois de laisser Rose dans son lit le temps d'aller aux toilettes. Suis ton instinct, il est tout petit...et tu ne créeras pas de "dépendance"...c'est du grand n'importe quoi! Au contraire en le rassurant il saura que tu es là pour lui quand il appelle. |
|  | | Gadisse Docteur de livres

Nombre de messages: 6385 Age: 36 Date d'inscription: 12/03/2005
 | Sujet: Re: Laisser pleurer ou réagir??????? Lun 05 Juil 2010, 22:46 | |
| Maelle était comme ça. C'est une des raisons qui a fait que Paul est arrivé très longtemps après elle....... Elle pleurait constamment, dormait très peu par tranches de 30 min. Elle s'endormait au sein et hurlait dès que je la posais dans son lit ou transat. Pour la douche ou les wc, je la mettais dans le transat et le transportait partout. Je ne connaissais pas l'écharpe et j'ai eu mal aux bras !! La nuit? Elle s'est réveillée plusieurs fois par nuit jusqu'à 18 mois...... Et le Papa? Ben il disait "elle veut sa maman!!" parce que c'est vrai qu'elle ne se calmait que dans mes bras et au sein. Il m'a laissée me dépatouiller en me disant que tout était la faute de cet allaitement qui durait la nuit. J'étais désemparée, paumée, pas de copines allaitantes, des beaux parents qui disaient qu'il fallait la laisser pleurer bien sur. J'ai beaucoup souffert de cette situation. Vers ses 6 mois, je suis allée sur le net, j'ai pu y lire que beaucoup de mamans vivaient la même chose. Avec le recul, je me dis que si j'avais écouté mon instinct, je l'aurai portée toute la journée, elle aurait dormi près de nous. Mais j'ai écouté mon entourage qui me disait que j'allais lui donner de mauvaises habitudes, que dormir près de son bébé c'est mauvais, qu'il n'acceptera plus jamais de dormir seul, qu'il faut qu'il dorme dans un lit même la journée, que j'allais devenir son esclave........ Du coup, Paul a été porté dès sa naissance, dormait dans l'écharpe et les "gentils" commentaires des gens? Mais qu'ils aillent se faire Fou*** !!!! Et le Papa? Il a tenté de me dire de le mettre dans son lit la journée, il ne l'a fait qu'une fois !!!! Nan mais oh !!! Mais c'est vrai que je savais ce que je voulais et plus personne ne me marche sur les pieds !! Marc t'envoie un petit mot (fais gaffe, il y va fort....) "Tu sais quoi? Ton bébé veut être dans tes bras!! IL est tout petit à 1 mois, il n'est pas fini, surtout qu'il est né en avance ! Sa seule façon de te le dire qu'il est mal, qu'il a besoin d'être rassuré, c'est de pleurer. Alors il n'y a pas 36 solutions: soit tu réponds à ses besoins et tu le gardes constamment sur toi dans l'écharpe, sauf la douche, soit tu décides d'effectivement le laisser pleurer.......mais dans ce cas tu lui apprends que ça ne sert à rien de dire qu'on est mal, personne ne répondra à ça......beau départ dans la vie, non? Et ton instinct te dit quoi? "
|
|  | | Carelle Violette absolue

Nombre de messages: 6070 Age: 30 Date d'inscription: 15/07/2005
 | Sujet: Re: Laisser pleurer ou réagir??????? Lun 05 Juil 2010, 23:20 | |
| Marc je t'aiiime !!!!!!!! MDR ! Il est bien éduqué cet homme quand même, t'as fait du bon boulot Gladys !  Non mais sans déconner, je crois que tu sais ce que tu dois faire pour lui. Alors oui c'est contraignant, oui ça tient chaud.... Mais arrivera bien vite le jour où il te dira qu'il veut faire tout seul.... Et là tu aura un pincement au coeur en repensant à cette douce époque où il avait tant besoin de toi. Rien à voir, jeudi tu viens à la maison, c'est l'anniv à JJ. |
|  | | VeroV Tata Hard Rock!

Nombre de messages: 15515 Age: 37 Date d'inscription: 10/03/2005
 | Sujet: Re: Laisser pleurer ou réagir??????? Lun 05 Juil 2010, 23:54 | |
| moi je n'ai jamais laissé pleurer mes enfants, encore moins achille, alors que sylvain, ma mère et autre disaient que j'allais el rendre capricieux. ce n'était pas un gros pleureur, mais il a passé ses premeirs mois scotché à moi, dazsn l'écharpe ou dans mes bras. à l'heure actuelle, je l'endors tjs en le berçant le soir, avec ses kg. il m'arrive encore de le mttre ds le bb tai à la maison, qiand je le sens fatifué le soir avant le diner, il s'endort dans mon dos ou contre moi.
nourrisson, la nuit, je le couhais avec moi, sur mon ventre ou encore entre mes jambes, parce que moi aussi j'acais peur de l'écraser ou même qu'il ait trop chaud en plein juillet. il se lovait entre mes jambes, comme un coussin d'allaitement, il était bien, je n'ai jamais osé le faire avec faustine. faustine n'a pas fait ses nuits avabt l'age de 18 moid, je sais ps si c'est parce qu'elle était allaitée (elle têtait la nuit toutes les 2 ou " heures, à 1 an) ou si parce que je n'azi pas u la rassurer plutôt, comme je l'ai fait pour achille. j'ai passé des soirées à lui tenir la main entre les barrières de son lit, elle a fait bcp de colères au moment du dodo. jamais eu de tt ça avec achille.
on m'avait pr"dit un bb czpricirux (sylvin dit encore que je lui passe tout) mais en attendnt, il ne pleure quasi jamais et à la crècher c'est le bébé le plus paisible des petits. il fait son petit bonhomme de chemin, il joue, il mange il explore il dort... grgnr jamais ne pleure jamais....
moi je dis, plus on les rassure, plus ils sont confiants et plus ils sont autonomes après |
|  | | Liby Violette pourpre

Nombre de messages: 1354 Age: 35 Date d'inscription: 11/06/2010
 | Sujet: Re: Laisser pleurer ou réagir??????? Mar 06 Juil 2010, 00:16 | |
| Concernant les coliques, l'ostéo m'avait dit de supprimer les PLV mais aussi la protéine de blé. Et c'est manifeste: depuis que j'ai arrêté, plus de coliques J'ai tenté de manger des nems hier soir (et donc farine de blé dans la pâte): elle a eu des coliques ce matin.
Au sujet des bras, Gaby ne s'endort jamais la journée autrement qu'au sein (et maintenant dans l'écharpe)...même en ballade en poussette, elle ne dort pas. Elle pleure moins maintenant qu'elle n'a pas de coliques et mange à sa faim mais il faut beaucoup la porter
De toute façon, si ton bébé pleure, c'est qu'il attend une réponse de ta part. Mieux vaut une réponse mal adaptée (et tu peux lui dire que tu n'es pas sûre d'avoir bien compris sa demande mais que tu cherches à y répondre) que pas de réponse qui,en plus d'être insupportable pour lui de pleurer en vain et pour toi de l'entendre être mal, perturbe la communication: à quoi bon communiquer (= pleurer chez le nouveau-né) si ça ne sert à rien...
|
|  | | orlynet Marchande de sable

Nombre de messages: 14162 Age: 36 Date d'inscription: 03/11/2005
 | Sujet: Re: Laisser pleurer ou réagir??????? Mar 06 Juil 2010, 09:23 | |
| Gabin pleurait pas mal... les petites coliques n'ont pas aidé non plus. Mais jamais je n'ai pu le laisser pleurer, Mathieu non plus d'ailleurs. Tu m'as fait rire en décrivant tes douches et tes repas : je me suis revue... Et les pipi en 2sec top chrono aussi ! Bref je n'ai jamais pu et toujours dès qu'il pleurait on allait voir. Petit à petit quand il a grandit on a "attendu". Je n'ai jamais lutter parce que pour moi ct ma conviction profonde de ne pas laisser un petit bout, tout seul dans son lit à hurler pour se "faire les poumons". On a lutté contre ma mère, mon frère, ma BS et mes BP mais franchement je m'en foutais de ce qu'ils pouvaient tous me dire. Ma érécompense" c'était de pouvoir consoler mon loulou dès qu'il avait besoin d'être rassuré.
Il faut les rassurer, c'est ce qu'il leur donnera confiance en eux plus tard. Et je le vois Gabin est un petit gars tranquille, très confiant et très bien dans sa tête.
D'ailleurs si ça peut même rassuré ton zhom, à 5 ans hier il m'a fait un gros gâté en me disant : oh la la ça fait très longtemps que je ne t'avais pas fait un si gros gâté maman" !!! Eh oui vite il se détache de nous, très vite.. |
|  | | naanni Violette for ever
Nombre de messages: 4315 Age: 40 Date d'inscription: 08/01/2009
 | Sujet: Re: Laisser pleurer ou réagir??????? Mar 06 Juil 2010, 09:53 | |
| si je peux encore intervenir... j'ai du recul, avec mes grands. je les ai peu laisser pleurer. on me disait tu vas en faire des monstres. surtout qu'à l'époque, ce n'était pas du tout la mode du maternage, mais plutôt du dressage. l'allaitement long, pas mieux. j'ai suivi mon instinct. mal à l'aise bien des fois, en me disant mais oui je suis entrain de les pourrir, enfin, surtout pour alexis. nous pratiquions le cododo, à l'époque super décrié, réservé aux allumées baba cool ou aux tribus au fin fond des bois.... alexis tétait comme il voulait, et je mentais au pédiatre...
il a grandi, et petit à petit il a pris son indépendance. il n'est plus jamais revenu dans notre lit, une fois le sevrage passé. il dormait sans pb dans sa chambre tout seul. je crois qu'il a suffisamment été assuré, tout petit. j'ai fait pareil avec elisa. et les gens ont continué leur remarques à la con. m'en foutais. quand ça m'énervais trop, je leur rentrais dans le chou en leur demandant de s'occuper de leur affaires. aujourd'hui, mes grands sont supers équilibrés. ils sont très bon en classe, indépendants. ils partent sans soucis. ils sont sûrs d'eux. et n'hésitent pas à venir me trouver lorsqu'il y a quelque chose qui leur pose souci. et ça.. c'est énorme. comme dit Marc ( super cet homme!! bravo!!) il faut que ton bb se sente écouté, soutenu.. sinon, il va très vite penser qu'il faut qu'il se débrouille seul.
j'ai lu dans le VIP un extrait de texte sur ce sujet. je vais essayer de le retrouver.
si je t'ai écris tout ça, ce n'est pas pour me faire mousser avec mes gosses, mais pour montrer que ces gamins "pourris gatés " ben s'en sortent plutôt pas mal!!
|
|  | | naanni Violette for ever
Nombre de messages: 4315 Age: 40 Date d'inscription: 08/01/2009
 | Sujet: Re: Laisser pleurer ou réagir??????? Mar 06 Juil 2010, 09:56 | |
| Extrait du livre "The continuum concept" de Jean Liedloff, 1977 Dans les cliniques d’accouchement du monde occidental, il n’y a guère d’espoir de se faire consoler par les louves. Le nouveau-né qui réclame par tous les pores de sa peau le contact originel avec un corps doux et mou qui irradie la chaleur est enveloppé dans un lange sans vie. Il peut crier aussi fort qu’il veut, on le met dans une boîte où il est abandonné à un vide torturant et où il n’y a aucun mouvement (pour la première fois depuis l’origine de son existence physique , depuis des millions d’années de son évolution ou de sa félicité éternelle dans l’utérus). Le seul bruit qu’il puisse percevoir, ce sont les hurlements d’autres victimes qui souffrent les mêmes indicibles tortures infernales. Ce bruit ne peut rien signifier pou lui. Il hurle et hurle tant qu’il peut ; ses poumons qui ne sont pas habitués à l’air s’épuisent sous le poids de ce cœur désespéré. Personne ne vient. Comme, de par sa nature, il croit que la vie est juste, il fait la seule chose qu’il puise faire : il continue de hurler. A la fin il s’endort, à bout de forces – toute une vie plus tard, hors du temps. Il s’éveille dans l’angoisse inconsciente du silence, de l’immobilité. Il pleure. Il brûle de besoin de la tête aux pieds, de désir, d’impatience insupportable. Il ouvre la bouche pour respirer et hurle, jusqu’à ce que le bruit remplisse son crâne, qu’il soit prêt à éclater. Il crie jusqu’à ce que la poitrine lui fasse mal, que sa gorge soit en feu. Il ne peut plus supporter la douleur ; ses sanglots s’affaiblissent puis s’arrêtent. Il écoute. Il ouvre et ferme les poings. Il tourne la tête d’un côté puis de l’autre. Rien n’y fait. C’est insupportable. Il recommence à hurler, mais sa gorge est trop fatiguée ; bientôt il s’arrête à nouveau. Il raidit son petit corps torturé de dé&sir et il perçoit un soupçon de soulagement. Il remue les mains et gigote. Il s’arrête, capable de souffrir, mais incapable de penser, incapable d’espérer. Il écoute. Puis il se rendort. Brusquement on le soulève ; l’attente de ce à quoi il devrait avoir droit se manifeste à nouveau. On enlève le lange mouillé. Soulagement. Des mains vivantes touchent sa peau. On le soulève par les pieds et on remet entre ses cuisses un autre morceau d’étoffe sec comme du caillou et inerte. Immédiatement, c’est encore comme s’il n’y avait jamais eu ces mains, ni le lange mouillé. Il n’y a pas de souvenir conscient, pas trace d’espoir. Le bébé se trouve dans un vide insupportable, hors du temps, dans l’immobilité et le silence, plein de désir infini et inassouvi. Son continuum essaie les mesures de sécurité, mais elles sont toutes uniquement propres à pallier de petites défaillances dans un traitement par ailleurs adéquat, ou bien demander un soulagement à quelqu’un dont on présume qu’il l’apportera. Pour le cas extrême qui se présente, le continuum n’a pas de solution. La situation dépasse son expérience pourtant immense. Depuis quelques heures à peine qu’il respire, le bébé a déjà atteint par rapport à sa nature un degré d’aliénation dont même son puissant système de sécurité ne peut plus le sauver. Le séjour dans la matrice maternelle a été selon toute vraisemblance le dernier dans cette atmosphère de bien-être ininterrompu où, selon l’attente qui lui est innée, il aurait dû passer toute sa vie. Toute sa nature se fonde sur l’idée que la mère se comporte de façon adéquate et que les motivations et les actes qui en résultent d’une part comme de l’autre seront tout naturellement dans un rapport de réciprocité qui les servira l’un comme l’autre. Quelqu’un vient et le soulève délicatement. Le bébé s’anime. On le prend certes trop timidement à son goût ; mais au moins il y a du mouvement. maintenant il se sent à la bonne place. Toute l’angoisse mortelle qu’il vient de traverser n’existe plus. Il est couché dans des bras qui l’entourent ; et bien que sa peau ne retire aucune impression de douceur du contact avec l’étoffe, rie qui annonce la proximité d’une chair vivante, les mains et la bouche lui disent que tout est normal. La joie de vivre, qui est l’état normal du continuum est presque parfaite. Il y a le goût et la structure du sein, le lait chaud coule dans sa bouche avide, il y a ce battement de cœur qui aurait dû être la liaison, garantir le lien avec le corps maternel, ses yeux qui y voient à peine perçoivent un mouvement. Le ton de voix aussi est bon. Il n’y a que l’étoffe et l’odeur (sa mère met de l’eau de Cologne) qui font qu’il manque quelque chose. Il tête et quand il se sent rose et repu, il tombe dans la somnolence. Au réveil, il est de nouveau dans l’enfer. Pas de souvenir, pas d’espoir, pas de pensée qui puisse lui rappeler dans le dessert de son purgatoire le réconfort de la visite auprès de sa mère. des heures passent, et des nuits, et des jours. Il pleure, il se fatigue, il s’endort. Il s’éveille et mouille ses couches. Maintenant il n’en éprouve plus aucun bien-être. A peine ses organes internes lui ont-ils communiqué le plaisir du soulagement que celui-ci est à nouveau supplanté par une douleur croissante quand l’urine chaude et acide attaque son corps déjà irrité. Il hurle. Ses poumons épuisés ont besoin de hurler pour couvrir cette brûlure aiguë. Il hurle jusqu'à ce que la douleur et les hurlements l’épuisent, avant qu’il s’endorme à nouveau. dans sa clinique qui ne constitue en rien une exception, les infirmières qui ont beaucoup de travail changent les langes à heures fixes qu’ils soient encore secs, humides ou complètement trempés ; et les enfants ont le corps tout irrité quand elles les renvoient à la maison où il y aura quelqu’un qui aura le temps de faire ce genre de choses et qui les guérira. Lorsqu’on l’emmène à la maison de sa mère (on ne peut guère dire que ce soit chez lui), il est déjà tout à fait au courant de la nature de l’existence. A un niveau préconscient qui déterminera toutes ses impressions ultérieures de la même manière qu’il sera réciproquement marqué par elles, il sait que la vie est indiciblement solitaire, sans réaction à aucun des signaux qu’il peut émettre et pleine de souffrance. Mais il n’y a pas encore renoncé. tant qu’il y aura de la vie en lui, les forces de son continuum essaieront toujours de retrouver leur équilibre. la maison ne se différencie guère de la clinique d’accouchement, si ce n’est pour l’irritation de la peau. les heures où il est éveillé, l’enfant les passe dans la nostalgie, le désir et l’inlassable attente de l’état « adéquat » qui selon le continuum devrait remplacer le vide et le silence. Pendant quelques minutes par jour son désir est satisfait et ce besoin de contact, ce besoin qu’on le porte et qu’on le promène, ce besoin effroyable qui le démange constamment est comblé. Sa mère fait partie de celles qui, après bien des élucubration, se sont décidés à autoriser à l’enfant l’accès à leur sein. Elle aime d’une tendresse encore jamais connu. Au début, elle a de la peine à le recoucher après la tétée, surtout parce qu’il hurle si désespérément. mais elle est persuadée de devoir le faire car sa propre mère lui a dit (et elle est bien placée pour le savoir) que plus tard il serait mal éduqué et lui ferait des difficultés si elle lui cédait maintenant. Elle veut tout faire comme il faut ; et pendant un instant elle sent que la petite vue qu’elle tient dans ses bras importe plus que tout au monde. Elle soupire et le repose tout doucement dans son berceau capitonné de tissu avec des petits canards jaunes, assorties à toute la pièce. Elle s’est donné beaucoup de mal pour mettre des rideaux en coton, un tapis en forme de panda géant, une table de toilette blanche, une baignoire et une table à langer. Il fallait aussi du talc, du savon, de la crème, du shampooing et une brosse à cheveux - le tout dans des tons de bébé. Au mur, il y a des images de bébés animaux habillés en hommes. La commode est pleine de petites chemises, de barboteuses, de petits chaussons, de petits bonnets, de gants et de langes. Dans l’angle sur le dessus il y a un mouton en laine et un vase de fleurs - des fleurs que l’on a coupées, parce que la maman « aime » aussi les fleurs. Elle tire sur les bords de la petite brassière et couvre le bébé d’un drap brodé et d’une couverture qui porte ses initiales. Elle la regarde avec une certaine satisfaction. On n’a rien négligé pour que l’aménagement de la chambre du bébé soit parfait, même si par ailleurs le jeune couple ne peut pas encore s’acheter tous les meubles qui sont prévus pour les autres pièces. Elle se penche sur l’enfant et dépose un baiser sur cette joue soyeuse ; puis elle se dirige vers la porte alors que le premier hurlement de torture lui transperce le corps. Elle ferme tout doucement la porte. Elle lui a déclaré la guerre. Il faut que sa volonté l’emporte. A travers la porte elle entend des cris, comme si l’on torturait quelqu’un. Son continuum les identifie en tant que tels. La nature ne donne pas de signe sans équivoque voulant dire que l’on torture quelqu’un quand ce n’est pas vraiment le cas. Elle hésite. Son cœur se sent attiré vers lui, mais elle résiste et s’en va. Elle vient juste de le changer et de lui donner à téter. Elle est donc sûre qu’en réalité il ne lui manque rien, et elle laisse pleurer jusqu'à épuisement. Il s’éveille et se remet à hurler. Sa mère jette furtivement un coup d’œil par la porte pour s’assurer qu’il est couché comme il faut : tout doucement encore, pour que l’attention qu’elle lui manifeste n’éveille pas de faux espoir, elle referme la porte. Elle se précipite dans la cuisine pour faire son travail, elle laisse la porte de la cuisine ouverte pour entendre le bébé « si jamais il lui arrivait quelque chose ». Les hurlements de bébé se changent en plaintes chevrotantes. Comme personne ne répond, le mécanisme qui active ses signaux se perd dans la confusion du vide sans vie, alors que le réconfort aurait dû venir depuis longtemps. Il regarde autour de lui. Au-delà des barreaux immobiles et le mur. Il perçoit des bruits qui n’ont aucun sens, provenant d’un monde lointain. Près de lui, tut est calme. Il regarde le mur, jusqu'à ce que ses yeux se ferment. Lorsqu’il les rouvre, plus tard, les barreaux et le mur sont toujours exactement pareils, mais la lumière est encore plus triste. (J. Liedloff, The Continuum Concept, 1977.)
|
|  | | naanni Violette for ever
Nombre de messages: 4315 Age: 40 Date d'inscription: 08/01/2009
 | Sujet: Re: Laisser pleurer ou réagir??????? Mar 06 Juil 2010, 09:56 | |
| texte piqué dans un post de gladys, posté par Raphaelle. |
|  | | Liby Violette pourpre

Nombre de messages: 1354 Age: 35 Date d'inscription: 11/06/2010
 | Sujet: Re: Laisser pleurer ou réagir??????? Mar 06 Juil 2010, 10:13 | |
| | naanni a écrit: | si je peux encore intervenir... j'ai du recul, avec mes grands. je les ai peu laisser pleurer. on me disait tu vas en faire des monstres. surtout qu'à l'époque, ce n'était pas du tout la mode du maternage, mais plutôt du dressage. l'allaitement long, pas mieux. j'ai suivi mon instinct. mal à l'aise bien des fois, en me disant mais oui je suis entrain de les pourrir, enfin, surtout pour alexis. nous pratiquions le cododo, à l'époque super décrié, réservé aux allumées baba cool ou aux tribus au fin fond des bois.... alexis tétait comme il voulait, et je mentais au pédiatre...
il a grandi, et petit à petit il a pris son indépendance. il n'est plus jamais revenu dans notre lit, une fois le sevrage passé. il dormait sans pb dans sa chambre tout seul. je crois qu'il a suffisamment été assuré, tout petit. j'ai fait pareil avec elisa. et les gens ont continué leur remarques à la con. m'en foutais. quand ça m'énervais trop, je leur rentrais dans le chou en leur demandant de s'occuper de leur affaires. aujourd'hui, mes grands sont supers équilibrés. ils sont très bon en classe, indépendants. ils partent sans soucis. ils sont sûrs d'eux. et n'hésitent pas à venir me trouver lorsqu'il y a quelque chose qui leur pose souci. et ça.. c'est énorme. comme dit Marc ( super cet homme!! bravo!!) il faut que ton bb se sente écouté, soutenu.. sinon, il va très vite penser qu'il faut qu'il se débrouille seul.
j'ai lu dans le VIP un extrait de texte sur ce sujet. je vais essayer de le retrouver.
si je t'ai écris tout ça, ce n'est pas pour me faire mousser avec mes gosses, mais pour montrer que ces gamins "pourris gatés " ben s'en sortent plutôt pas mal!!
|
C'est rassurant de lire ça car moi aussi, mon bébé est petit et c'est ma première expérience de Maman et c'est parfois difficile de ne pas douter de soi quand on a affaire aux réflexions |
|  | | Carelle Violette absolue

Nombre de messages: 6070 Age: 30 Date d'inscription: 15/07/2005
 | Sujet: Re: Laisser pleurer ou réagir??????? Mar 06 Juil 2010, 10:21 | |
| Il est toujours aussi horrible ce texte, j'en pleure ! |
|  | | | | Laisser pleurer ou réagir??????? | |
|
| | Permission de ce forum: | Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
| |
| |
| |